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Logement non décent : vos recours pour obtenir des travaux ou une baisse de loyer

Publié le 6 novembre 2026 · Lecture 7 min · Informations générales à jour de la réglementation 2026

En bref

Un logement décent ne doit présenter aucun risque pour la sécurité ou la santé, respecter une surface d'au moins 9 m² et une performance énergétique minimale (article 6 de la loi du 6 juillet 1989, décret du 30 janvier 2002).

Si votre logement n'est pas décent, demandez les travaux par écrit, puis saisissez la commission de conciliation ou le juge, qui peut ordonner les travaux, réduire le loyer ou en suspendre le paiement.

Ne cessez jamais de payer de votre propre initiative.

Un logement humide, une surface minuscule présentée comme un studio, une installation électrique dangereuse, un classement G au diagnostic énergétique : votre logement n'est peut-être pas « décent » au sens de la loi. La décence n'est pas une appréciation de goût, c'est une obligation précise du propriétaire. Quand elle n'est pas respectée, le locataire dispose de recours gradués, de la simple lettre jusqu'à la baisse de loyer prononcée par un juge. Et lorsqu'un logement indécent se double d'un loyer supérieur au plafond encadré, les deux se corrigent séparément.

Pièce vide d'un logement dégradé, aux murs écaillés
Photo : Michael & Diane Weidner sur Unsplash

Qu'est-ce qu'un logement décent au sens de la loi ?

L'article 6 de la loi du 6 juillet 1989 impose au bailleur de remettre un logement décent « ne laissant pas apparaître de risques manifestes pouvant porter atteinte à la sécurité physique ou à la santé » du locataire, répondant à un critère de performance énergétique minimale et doté des éléments le rendant conforme à l'usage d'habitation. Le détail de ces caractéristiques figure dans le décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002.

Cette obligation vaut pour toute résidence principale, que la location soit vide ou meublée, et quel que soit l'état du marché ou l'ancienneté de l'immeuble. Elle est d'ordre public : aucune clause du bail ne peut y faire renoncer le locataire.

Les principaux critères d'un logement décent
DomaineCe que la loi exige
Sécurité et santéGros œuvre et toiture étanches, garde-corps aux fenêtres et escaliers, réseaux d'électricité et de gaz aux normes, ventilation et éclairement naturel suffisants, matériaux sans risque manifeste.
SurfaceAu moins une pièce principale de 9 m² et 2,20 m de hauteur sous plafond, ou 20 m³ de volume habitable.
ÉquipementsEau potable chaude et froide, évacuation des eaux usées, coin cuisine avec évier, installation sanitaire intérieure séparée de la cuisine et du séjour, chauffage et réseau électrique suffisants.
Santé publiqueAbsence d'infestation d'animaux nuisibles et de parasites (punaises de lit, nuisibles, etc.).
ÉnergieConsommation inférieure à 450 kWh/m² par an d'énergie finale en France métropolitaine ; depuis 2025, les logements classés G sont exclus.

Un seul critère non rempli suffit à rendre le logement indécent. À l'inverse, un défaut d'entretien mineur ou un équipement vieillissant mais fonctionnel ne suffit pas : c'est le risque pour la sécurité, la santé ou l'usage normal du logement qui est visé.

Quelle surface minimale pour un logement décent ?

Le décret exige une pièce principale d'une surface habitable d'au moins 9 m² avec une hauteur sous plafond d'au moins 2,20 mètres, ou un volume habitable d'au moins 20 m³. Les tribunaux retiennent souvent la règle la plus protectrice et écartent la décence d'un logement de moins de 9 m², même lorsque son volume dépasse 20 m³ grâce à une forte hauteur sous plafond.

La surface prise en compte est la surface habitable, dont le calcul exclut notamment les parties d'une hauteur inférieure à 1,80 mètre. C'est la même surface qui sert à fixer le plafond d'un loyer encadré : nous la détaillons dans notre article sur la surface habitable et le loyer encadré. Un meublé minuscule loué en dessous de ces seuils cumule souvent deux irrégularités : l'indécence et un loyer au mètre carré supérieur au plafond.

Un logement énergivore est-il encore décent ?

Depuis la loi Climat et résilience du 22 août 2021, la performance énergétique fait partie des critères de décence. En France métropolitaine, un logement qui consomme plus de 450 kWh/m² par an d'énergie finale n'est plus décent depuis le 1er janvier 2023. Surtout, depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G au diagnostic de performance énergétique ne peut plus faire l'objet d'un nouveau bail ni d'un renouvellement. Les logements classés F suivront au 1er janvier 2028, puis les logements classés E au 1er janvier 2034.

Mur intérieur marqué par l'humidité et des traces de moisissure
Photo : Jessica Rigollot sur Unsplash

Un locataire déjà installé dans un logement classé F ou G n'est pas expulsé : son bail reste valable. Mais l'indécence énergétique lui ouvre des leviers supplémentaires, dont l'interdiction d'augmenter le loyer. Ce gel des loyers des passoires thermiques fait l'objet d'un guide dédié : le gel des loyers des logements classés F ou G.

Que faire si votre logement n'est pas décent ?

La démarche se fait par étapes, de la plus simple à la plus contraignante.

  1. Demander les travaux par écrit. Adressez au bailleur une lettre, de préférence recommandée avec accusé de réception, décrivant précisément les désordres (humidité, absence de chauffage, surface, infestation…) et demandant leur mise en conformité dans un délai raisonnable. Joignez photos, constat et, si possible, le diagnostic énergétique.
  2. Saisir la commission départementale de conciliation. En l'absence d'accord, cette commission gratuite peut être saisie pour un litige de décence. Elle réunit les parties et rend un avis dans un délai de deux mois. Son fonctionnement est détaillé dans notre article sur la commission de conciliation.
  3. Saisir le juge des contentieux de la protection. C'est le juge compétent pour les litiges locatifs. Sur le fondement de l'article 20-1 de la loi du 6 juillet 1989, il peut imposer les travaux, au besoin sous astreinte, réduire le montant du loyer, ou en suspendre le paiement avec consignation des sommes jusqu'à la remise en état.

Pour les désordres les plus graves mettant en cause la salubrité ou la sécurité, un signalement au service communal d'hygiène et de santé ou à l'Agence régionale de santé peut aussi déboucher sur un arrêté de l'autorité administrative. Une ADIL de votre département peut vous orienter gratuitement.

Votre loyer dépasse-t-il aussi le plafond légal ?

Un logement non décent est souvent loué trop cher. Vérification gratuite en 2 minutes sur les grilles officielles des préfectures, sans inscription.

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Pouvez-vous arrêter de payer votre loyer ?

Non, pas de votre propre initiative. Même dans un logement manifestement indécent, cesser de payer ou retenir une partie du loyer vous expose à un reproche d'impayé, à des pénalités et, à terme, à une procédure de résiliation du bail. Seul le juge peut décider une réduction ou une suspension du loyer. S'il ordonne la suspension, il fixe en général la consignation des loyers entre les mains d'un tiers, de sorte que les sommes restent dues mais ne sont versées au bailleur qu'une fois les travaux réalisés.

Le même principe vaut pour un loyer supérieur au plafond encadré : tant que le trop-perçu n'est ni reconnu par le bailleur ni fixé par le juge, le locataire ne doit pas se rembourser lui-même en diminuant son paiement.

Logement indécent et loyer trop élevé : deux actions à cumuler

Décence et encadrement des loyers sont deux obligations distinctes qui se contrôlent séparément. La décence tient à l'état du logement ; l'encadrement, au montant du loyer rapporté au plafond de référence de votre ville. Un même logement peut être indécent, loué au-dessus du plafond, ou les deux à la fois. Chaque irrégularité se corrige avec ses propres règles, et les deux peuvent être invoquées en parallèle.

Exemple fictif : un studio cumulant les deux irrégularités
Situation constatéeFondementEffet sur le loyer
Loyer de base au-dessus du plafondEncadrement des loyers (loi ELAN)Baisse au plafond + remboursement du trop-perçu, jusqu'à 3 ans
Humidité et ventilation défaillanteDécence (article 20-1, loi 1989)Travaux, réduction ou suspension du loyer décidée par le juge

Exemple fictif, à titre d'illustration. Les montants réels dépendent du logement, de l'arrêté applicable et de la décision du juge.

Concrètement, un locataire peut à la fois réclamer que son loyer soit ramené au plafond légal, avec le remboursement de l'excédent déjà versé, et demander la remise en état du logement. La vérification du plafond, elle, ne demande ni procédure ni avocat : elle part du bail et des grilles officielles.

Que faire maintenant ?

  1. Dressez la liste précise des désordres et réunissez vos preuves : photos datées, courriers, diagnostic énergétique, bail.
  2. Envoyez au bailleur une demande écrite de mise en conformité, avec un délai de réponse.
  3. En parallèle, vérifiez gratuitement si votre loyer de base respecte le plafond de votre ville. Si ce n'est pas le cas, lisez notre guide récupérer un trop-perçu de loyer.
  4. Sans réponse ni accord, saisissez la commission de conciliation puis, si besoin, le juge des contentieux de la protection.

Avec la méthode LoyerConforme, la vérification du plafond est gratuite et, sur votre mandat, l'équipe adresse la mise en demeure, relance, négocie et saisit la commission avec un avocat partenaire si besoin, contre 20 % des sommes récupérées à l'amiable ou 40 % si la commission est saisie, avocat compris, et rien si rien n'est récupéré. L'action pour obtenir les travaux de mise en décence, elle, se mène auprès du bailleur puis du juge.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un logement décent au sens de la loi ?

Un logement décent est un logement qui ne présente aucun risque pour la sécurité ou la santé du locataire, qui est exempt d'animaux nuisibles et de parasites, qui respecte une performance énergétique minimale et qui dispose des équipements de confort de base. Ces caractéristiques sont fixées par l'article 6 de la loi du 6 juillet 1989 et par le décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002. Le bailleur doit remettre un logement décent, que la location soit vide ou meublée.

Quelle est la surface minimale d'un logement décent ?

Le logement doit comporter au moins une pièce principale d'une surface habitable d'au moins 9 m² avec une hauteur sous plafond d'au moins 2,20 mètres, ou un volume habitable d'au moins 20 m³. En pratique, le juge retient souvent la règle la plus protectrice et écarte la décence d'un logement de moins de 9 m², même si son volume dépasse 20 m³. Un meublé loué en dessous de ces seuils n'est pas décent.

Mon logement est humide et couvert de moisissure, que puis-je exiger ?

L'humidité persistante et la moisissure peuvent rendre un logement non décent lorsqu'elles portent atteinte à la santé ou révèlent un défaut d'étanchéité ou de ventilation. Demandez par écrit au bailleur, de préférence par lettre recommandée, de réaliser les travaux de mise en conformité. Sans réponse ni accord dans un délai raisonnable, vous pouvez saisir la commission départementale de conciliation, puis le juge des contentieux de la protection.

Puis-je arrêter de payer mon loyer si le logement est indécent ?

Non, pas de vous-même. Tant qu'un juge n'a pas réduit ou suspendu le loyer, cesser de payer vous expose à un reproche d'impayé et à une procédure. Seul le juge peut ordonner les travaux, réduire le loyer ou en suspendre le paiement avec consignation des sommes jusqu'à la remise en état, au titre de l'article 20-1 de la loi du 6 juillet 1989.

Un logement classé G au DPE peut-il encore être loué en 2026 ?

Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G ne respecte plus le critère de performance énergétique d'un logement décent : il ne peut plus faire l'objet d'un nouveau bail ni d'un renouvellement en France métropolitaine. Un locataire déjà en place garde son bail et peut demander des travaux. Les logements classés F seront concernés au 1er janvier 2028, puis les logements classés E au 1er janvier 2034.