Accueil › Blog › Vos droits

Mon propriétaire vend le logement : le nouveau peut-il augmenter mon loyer ?

Publié le 3 novembre 2026 · Lecture 7 min · Informations à jour des règles 2026

En bref

Quand le logement que vous louez comme résidence principale est vendu occupé, le bail se poursuit automatiquement avec le nouvel acquéreur, aux mêmes conditions et jusqu'à son terme. Vous n'avez pas à partir, et votre loyer ne change pas : seule la révision annuelle prévue au bail reste possible.

Dans une ville encadrée, le plafond applicable reste celui de la signature du contrat. Un loyer au-dessus du plafond demeure récupérable jusqu'à trois ans en arrière, même après la vente.

Recevoir un courrier vous annonçant que votre immeuble ou votre appartement a été vendu inquiète souvent : faut-il déménager, le nouveau propriétaire va-t-il augmenter le loyer, renégocier le bail, voire vous reprendre le logement ? La réponse rassurante tient en une phrase : en droit français, la vente d'un logement loué ne met pas fin à votre bail et ne libère le nouveau bailleur d'aucune des obligations de l'ancien. Voici, en 2026, ce qui change réellement pour un locataire, et surtout ce qui ne change pas, notamment dans les villes qui appliquent l'encadrement des loyers.

Trousseau de clés tenu à la main devant la cage d'escalier d'un immeuble
Photo : Jakub Żerdzicki sur Unsplash

Dois-je quitter le logement si mon propriétaire le vend ?

Non. C'est le principe le plus important à retenir. Lorsqu'un logement loué est vendu occupé, le bail est transmis de plein droit au nouveau propriétaire. L'article 1743 du Code civil protège le locataire dont le bail a une date certaine : l'acquéreur ne peut pas le chasser. La loi du 6 juillet 1989, qui régit les locations de résidence principale, va dans le même sens : le nouveau bailleur est subrogé dans les droits et les obligations de l'ancien. Autrement dit, il reprend le contrat tel qu'il est, pour la durée qui reste à courir.

Concrètement, vous restez chez vous, aux mêmes conditions, sans avoir à signer un nouveau bail. Le vendeur n'a pas à vous demander votre accord pour vendre, et vous n'avez aucune formalité à accomplir. La seule chose qui change est l'identité de la personne à qui vous versez votre loyer : le nouveau propriétaire doit vous indiquer son nom, son adresse et les coordonnées où régler le loyer. Tant que cette information ne vous est pas parvenue, continuez de payer à l'ancien bailleur ou sur le compte habituel : vous ne pouvez pas être tenu pour responsable d'un défaut d'information.

Le nouveau propriétaire peut-il augmenter mon loyer ?

Pas librement, et c'est là que beaucoup de locataires se trompent. Le loyer est fixé par votre bail, et la vente ne le remet pas à zéro. Le nouveau bailleur ne peut l'augmenter que dans les cas déjà prévus par le contrat en cours, exactement comme l'aurait fait l'ancien :

  • La révision annuelle selon l'indice de référence des loyers (IRL), uniquement si le bail contient une clause d'indexation et une seule fois par an. Nous la détaillons dans notre article sur la révision annuelle du loyer et l'IRL.
  • Une réévaluation éventuelle au renouvellement du bail, dans les conditions strictes de la loi, et dans la limite du plafond d'encadrement là où il s'applique. Voir notre guide sur le renouvellement du bail et le plafond légal.

En dehors de ces hypothèses, aucun nouveau propriétaire ne peut vous imposer un loyer plus élevé au motif qu'il vient d'acheter. Une lettre réclamant une hausse « parce que le bien a changé de mains » n'a aucune valeur. Le changement de propriétaire n'est pas un motif d'augmentation, et le prix auquel l'acquéreur a acheté est sans effet sur votre loyer.

Ce que la vente du logement change, et ne change pas, pour le locataire
Élément du bailAvant la venteAprès la vente
Le contrat de locationEn coursSe poursuit à l'identique, jusqu'à son terme
Le loyer et son plafondFixés au bailInchangés ; seule la révision IRL prévue reste possible
Le dépôt de garantieDétenu par l'ancien bailleurTransmis au nouveau, qui devra le restituer
La durée restant à courirDécompte en coursContinue sans interruption
Le destinataire du loyerL'ancien propriétaireLe nouveau, après notification de ses coordonnées

Le plafond d'encadrement suit-il le logement ou le propriétaire ?

Il suit le bail, donc le logement. Dans les villes qui appliquent l'encadrement des loyers, le plafond opposable est le loyer de référence majoré en vigueur au moment de la signature de votre contrat, révisé selon l'IRL si le bail le prévoit. Ce plafond est attaché à votre location, pas à la personne du bailleur. Le vendre ne l'efface pas : le nouveau propriétaire est tenu exactement par les mêmes limites que l'ancien.

La conséquence est importante. Si votre loyer dépassait déjà le plafond autorisé avant la vente, il reste tout aussi illégal après. L'acquéreur ne « récupère » pas un loyer surévalué comme s'il était devenu régulier par le simple jeu de la transaction. Pour savoir où se situe votre loyer, il suffit de le comparer, hors charges, au loyer de référence majoré applicable à votre logement, par exemple via la page encadrement des loyers à Paris ou celle de votre ville.

Façade d'un immeuble haussmannien avec balcons en fer forgé
Photo : Howard Walsh sur Unsplash

Prenons un exemple fictif pour fixer les idées. Supposons un studio loué 760 euros hors charges alors que le loyer de référence majoré correspondant ressort à 680 euros : le dépassement est de 80 euros par mois. Si l'appartement est vendu occupé en milieu de bail, ce dépassement de 80 euros ne disparaît pas. Le nouveau bailleur reste tenu de ramener le loyer dans la limite du plafond, et la part déjà payée en trop demeure réclamable dans la limite de la prescription.

Le nouveau propriétaire peut-il me donner congé pour vendre ou reprendre ?

Pas quand il le souhaite. Comme tout bailleur, l'acquéreur ne peut mettre fin au bail qu'à son échéance, avec un préavis de six mois en location vide et de trois mois en meublé, et pour un seul des motifs prévus par la loi : vente du logement libre, reprise pour y habiter, ou motif légitime et sérieux. Nous détaillons ces règles dans notre article sur le congé donné par le bailleur.

Un logement acheté occupé bénéficie en outre de délais de protection spécifiques, prévus par l'article 15 de la loi de 1989. Lorsque l'acquéreur reprend un bail dont le terme est proche, il ne peut pas donner congé pour vendre ou pour reprendre dès la première échéance : le congé pour vente est reporté au terme du bail une fois renouvelé, et le congé pour reprise ne peut prendre effet qu'après un délai minimal à compter de l'achat. Ces mécanismes évitent qu'un bien soit acheté occupé puis vidé de son locataire dans la foulée.

Ai-je un droit de préemption quand le logement est vendu occupé ?

En principe, non. Le droit de préemption du locataire, c'est-à-dire la priorité pour acheter, n'est déclenché que lorsque le bailleur donne congé pour vendre le logement libre à l'échéance du bail. Dans ce cas seulement, le congé vaut offre de vente à votre profit. Lorsque le logement est vendu occupé, la situation est différente : vous n'avez pas à l'acheter, aucune offre ne vous est due, et vous restez simplement locataire du nouveau propriétaire.

Une exception mérite d'être connue : lors de la première vente d'un logement après la division d'un immeuble en lots, un droit de préemption peut s'appliquer au locataire en place. Hormis ce cas particulier, une vente occupée se fait sans vous consulter, et c'est précisément ce qui protège la continuité de votre bail.

Un changement de propriétaire ? Profitez-en pour vérifier votre loyer

La vente ne change ni votre plafond ni vos droits. Si votre loyer dépassait le plafond légal de votre ville, la part payée en trop se récupère jusqu'à trois ans en arrière. La vérification est gratuite, en 2 minutes, sur les grilles officielles des préfectures.

Vérifier mon loyer gratuitement →

Dépôt de garantie et quittances : qui s'en occupe après la vente ?

Le dépôt de garantie que vous aviez versé à l'entrée est transmis au nouveau propriétaire en même temps que le bail. C'est donc lui qui devra vous le restituer à votre départ, dans le délai légal et sous les mêmes conditions qu'auparavant. Si l'ancien bailleur ne l'a pas transféré, cela relève de ses relations avec l'acquéreur, pas des vôtres : vous réclamez votre dépôt au bailleur en place au moment où vous quittez les lieux. Nous détaillons les délais et pénalités dans notre article sur la restitution du dépôt de garantie.

Côté paiements, le nouveau propriétaire reprend aussi l'obligation de vous délivrer gratuitement une quittance de loyer à chaque demande, et de respecter les règles sur les charges récupérables. Conservez vos anciennes quittances : elles prouvent les loyers versés et restent utiles si vous devez, plus tard, chiffrer un trop-perçu. En somme, vous changez d'interlocuteur, pas de droits.

Un loyer au-dessus du plafond reste-t-il récupérable après la vente ?

Oui. La vente du logement n'éteint jamais votre droit de réclamer la part de loyer payée au-delà du plafond autorisé dans une ville encadrée. Le trop-perçu se récupère dans la limite de la prescription de trois ans qui court sur les loyers. Le changement de propriétaire ne fait que modifier la personne à qui la demande est adressée : le nouveau bailleur, subrogé dans les obligations de l'ancien, est tenu de ramener le loyer sous le plafond pour l'avenir, et la question du remboursement des sommes déjà versées s'examine au cas par cas selon la date des paiements.

C'est justement un bon moment pour faire le point. Quand un bien change de mains, les locataires s'interrogent souvent, pour la première fois, sur la régularité de leur loyer. Avec la méthode LoyerConforme, la vérification est gratuite : il suffit de comparer votre loyer hors charges au plafond en vigueur. Sur mandat, l'équipe adresse ensuite la demande au bailleur en place, relance, négocie et saisit si besoin la commission de conciliation avec un avocat partenaire, contre 20 % des sommes récupérées à l'amiable ou 40 % si la commission est saisie, avocat compris, et rien si rien n'est récupéré.

Questions fréquentes

Dois-je quitter le logement si mon propriétaire le vend ?

Non. Quand un logement loué comme résidence principale est vendu occupé, le bail se poursuit automatiquement avec le nouveau propriétaire, aux mêmes conditions et jusqu'à son terme. L'acquéreur ne peut pas vous demander de partir en cours de bail. Il ne pourra donner congé qu'à l'échéance du contrat, pour un motif prévu par la loi et après les délais de protection applicables à un logement acheté occupé.

Le nouveau propriétaire peut-il augmenter mon loyer après avoir acheté ?

Non, pas librement. Le loyer reste celui fixé par votre bail. Le nouveau bailleur ne peut l'augmenter que dans les cas déjà prévus au contrat : la révision annuelle selon l'indice de référence des loyers, si une clause le permet. La vente ne remet pas le compteur à zéro et ne permet pas de fixer un loyer plus élevé. Dans une ville encadrée, le plafond applicable reste celui de la signature du bail.

Le plafond d'encadrement suit-il le logement ou le propriétaire ?

Il suit le bail, donc le logement. Le plafond applicable est le loyer de référence majoré en vigueur au moment de la signature de votre contrat, révisé selon l'indice de référence des loyers si le bail le prévoit. Changer de propriétaire n'y change rien : le nouveau bailleur est tenu par les mêmes limites que l'ancien. Un loyer illégal avant la vente reste illégal après.

Ai-je un droit de préemption quand le logement est vendu occupé ?

En général, non. Le droit de préemption du locataire n'existe que lorsque le bailleur donne congé pour vendre le logement libre à l'échéance du bail. Quand le logement est vendu occupé, vous n'avez pas à l'acheter et vous restez simplement en place. Une exception existe en cas de première vente d'un logement après division de l'immeuble, où un droit de préemption peut s'appliquer.

Un loyer au-dessus du plafond reste-t-il récupérable après la vente ?

Oui. La vente n'efface pas votre droit de réclamer la part de loyer payée au-dessus du plafond dans une ville encadrée. Le trop-perçu se récupère dans la limite de la prescription de trois ans qui court sur les loyers. Le changement de propriétaire ne fait que changer l'interlocuteur. Il reste utile de comparer votre loyer hors charges au plafond légal pour savoir si une part vous est due.